Retour à l'accueil de la Chambre de Narcisse

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Chambre de narcisse

Une création Brno Del Zou
© 2008 - 2013
dernière mise à jour : 28/06/2013

 

« La tête doit être droite et le visage dirigé face à l'objectif. Le sujet doit adopter une expression neutre et avoir la bouche fermée, son visage doit être dégagé, ses yeux doivent être parfaitement visibles et ouverts. La photographie doit mesurer 35 millimètres de large sur 45 millimètres de haut. La taille du visage doit être de 32 à 36 millimètres (soit 70 à 80% du cliché), du bas du menton au sommet du crâne (hors chevelure). »

[Arrêté du 10 avril 2007 relatif à « l'apposition de photographies d'identité
sur les documents d'identité et de voyage, les permis de conduire et les titres de séjour]

 

Dans ce nouvel art de l'autoportrait, imposé, standardisé, uniformisé, chacun affiche un visage sobre, lisse et surtout découvert. Mais que découvre-t-on ? Que dit ce visage qui s'expose seul, tête nue, sur fond uni ?

Je me suis emparé de ces questions en réinventant, dans une installation photo-interactive baptisée « la chambre de Narcisse », l'exercice bien trop sage de la photo d'identité.

Grâce à un jeu de miroirs assez élaboré, J'ai créé un espace où chacun peut se photographier de tous côtés, seul ou à plusieurs, triste ou joyeux, des pieds à la tête ou en tous petits morceaux. Tournant le dos à l'exercice formel, Narcisse nous propose de jouer avec nos reflets et de se réapproprier notre image.

Itinérante, la chambre s'installe au cœur des lieux de vie (médiathèques, espaces d'exposition, administrations, entreprises) et invite les passants à s'y aventurer, pour mettre en scène et refléter l'identité qu'ils souhaitent capturer. Chaque photographie est ensuite directement diffusée, en temps réel, sur un jeu d'écrans placés à l'extérieur de la chambre, rejoignant celles déjà prises et formant avec elles une grande mosaïque scénographiée. C'est alors l'autoportrait d'une collectivité tout entière qui apparaît, dévoilant ainsi sa richesse, sa diversité, sa vivacité.

Brno Del Zou

 

 

 

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Depuis l'avènement de l'individu, nous célébrons l'unité de la conscience, la majesté du « Je » qui pense. Nous chérissons une identité unique, solide, cohérente, tout comme nous rêvons d'un corps utopique, lisse et monolithique, taillé en un seul bloc de chair, sans accroc, sans ajouts, sans revers.

Ce moi intime, indivisible et fier, se repaît des mots. Mais il craint les images. Les reflets l'effraie car ils le morcellent, le dispersent, le fragmentent. Et son unité fantasmée vole en éclats lorsqu'au détour d'un miroir elle s'entr'aperçoit.

L'histoire de Narcisse prend alors la forme d'un avertissement : « Prenez garde, dit le mythe, de contempler vos fêlures. Car, comme Narcisse, vous périrez sans structure ! »

Et si Narcisse ne s'était pas noyé ? Et si, contrairement à ce que l'on raconte, il avait apprivoisé ses reflets ? Il aurait découvert le métissage, la mosaïque, le fameux rapport entre le réel, l'imaginaire et le symbolique.

Narcisse aurait créé une chambre, dit-on, un lieu merveilleux où se déploieraient, dans le jeu des miroirs et la mise en scène de soi, nos fragments de corps et d'esprit. Une chambre caco-photographique, dédiée par excellence aux autoportraits. Une chambre noire, chambre infinie, où les images résonnent aux gré des mises en abîme. Lieu d'accueil, lieu de passage, lieu de voyage, où le temps, comme l'identité, s'effiloche...

Jean-Michel Charles

La Chambre de Narcisse, une création Brno Del Zou © 2008-2012


Avec le soutien de l'Université de Poitiers et de l'École des beaux-arts de la ville de Poitiers

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